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Projet en cours

12 apÔtres

Imaginez un monde ravagé par une guerre nucléaire, une civilisation effondrée sous le poids du dérèglement climatique, ou encore les séquelles d’une météorite — peut-être même un monde noyé dans sa propre surconsommation.
L’humanité, vidée de sa superbe, erre parmi les ruines de son propre éclat, sur une terre devenue désert.

Un univers à la Mad Max, né des cendres de la civilisation actuelle, où tout n’est plus que récupération.
Et, comme ultime vestige d’un passé glorieux, demeurent des montagnes de vêtements — résidus d’une époque d’abondance désormais réduite en poussière.

Le vêtement traverse le temps, résiste au cataclysme.
Il s’effiloche, se fane, se transforme — mais jamais ne disparaît tout à fait.
Dans ses fibres se glissent les traces du monde : l’élan d’une époque, la pudeur d’un corps, la fièvre d’un combat, la grâce d’un oubli.
Fragile et persistant à la fois, il devient vestige et présage.

Témoin des siècles passés, messager des temps à venir, il murmure à sa manière l’histoire des formes, des goûts, des climats, des classes et des combats.
Sous ses plis se lisent la mémoire et l’évolution du monde.
À travers ces métamorphoses, le vêtement s’offre comme une chronique visuelle — une écriture de tissus, une mémoire qui s’enroule sur elle-même.

Fidèle à mes travaux précédents, cette série n’est ni cri ni jugement.
Elle ne dénonce pas, elle ne revendique pas.
Si un parallèle est fait avec la religion, il n’est pas critique : il est purement iconographique.
Nos idoles d’hier étaient religieuses, nos idoles d’aujourd’hui s’habillent en Prada, et nos idoles de demain fouilleront nos poubelles.

Si la mise en tissus s’inspire du film d’anticipation, le visuel oscille entre la photo de mode classique et le polaroid du script de cinéma.
Le vêtement devient à la fois rôle et fonction sur les images.
Il se tient là, dans la lumière, comme un constat — où le regard du spectateur, peut-être, trouvera ses propres questions.

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La présentation, lors de l’exposition — qu’elle soit frontale ou en pièce fermée — de ces grands portraits au regard vide aura pour but de provoquer un certain malaise chez le spectateur.

Pour le modèle, sur son book, son folio ou son profil Facebook, l’image est fournie avec les yeux. ;-)

"Au Royaume des Croyances les Aveugles sont Rois"

© 2025 by Jérôme Heymans

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